Quand mon année universitaire à Osaka s’était terminée il y a 4 ans, j’avais prévu de revenir au Japon très vite, une fois mes études terminées. Finalement, la pandémie est arrivée en 2020, et il a fallu attendre 4 ans avant de pouvoir repartir. Dès le départ, j’avais une idée très précise des endroits où je voudrais retourner vivre, et j’hésitais entre deux villes. Osaka, ville pour laquelle j’ai un attachement tout particulier, puisque j’y ai passé la majorité de mon année universitaire, ou Fukuoka, que j’avais adoré lors d’un voyage. J’y étais allée avec beaucoup de curiosité en juin 2018, mais je ne m’attendais pas à avoir un tel coup de cÅ“ur pour KyÅ«shÅ« de manière générale. À l’époque, j’avais fini par prolonger mon séjour sur l’île puis par y retourner à peine 2 mois plus tard tellement j’avais adoré. J’ai finalement opté pour la seconde option pour apprendre à connaître davantage Fukuoka.
Une fois le point de chute décidé, il a fallu partir en quête de billets d’avion. Ce n’est une surprise pour personne, les prix (déjà pas vraiment abordables) ont explosé ces dernières années. Après beaucoup de recherches infructueuses, j’ai fini par me rebattre sur la compagnie Finnair, avec laquelle j’étais déjà partie la première fois. J’avais eu une très bonne expérience que ce soit en vol ou avec le service client toujours extrêmement compréhensif et réactif, et dans mes souvenirs ce n’était pas la compagnie la plus chère (si l’on compare avec les compagnies japonaises ou Air France, par exemple). En partant hors saison, je m’en tirais pour un vol avec escale à Helsinki à 900€ aller-retour modifiable pour le 23 février avec 2 gros bagages en soute. Petit conseil donc : si Google Flights permet de se faire une première idée du prix des billets, l’algorithme ne montre pas tout, et les billets proposés cachent parfois de mauvaises surprises (pas de bagage inclus, frais supplémentaires…). N’hésitez pas à vous rendre directement sur les sites des compagnies aériennes. Les billets que j’ai trouvés n’apparaissaient pas sur Google Flights, par exemple.
Une fois la question de l’avion expédiée, il a fallu chercher un logement. N’ayant jamais cherché de logement longue durée au Japon, je ne saurais dire si cela se passe tout le temps comme ça, mais beaucoup des logements que l’on trouve sont non-meublés, avec un bail d’une durée de deux ans, et il vous faudra un garant japonais (ou souscrire une assurance qui peut être un peu chère, si pas de garant). À ces conditions s’ajoutent souvent le reikin 礼金, une somme « cadeau » que l’on doit donner au propriétaire à l’entrée des lieux, et qui ne vous est pas rendue. Le reikin s’ajoute à la caution, ce sont deux choses différentes. Le montant correspond parfois à plusieurs mois de loyers. Autant dire que trouver un appartement pour une durée de quelques mois, meublé, sans garant japonais et sans reikin n’était pas simple, et il peut être compliqué de s’y retrouver si l’on ne parle pas japonais. Pendant mes recherches, j’ai quand même trouvé plusieurs sites traduits en anglais, et j’imagine qu’en utilisant un traducteur automatique on peut quand même s’en sortir. Après avoir cherché pendant une vingtaine d’heures en vain, j’ai fini par trouver un studio meublé d’environ 25m² avec balcon, dans l’hypercentre de Fukuoka ! Pour information, le loyer est d’environ 750€/mois, ce qui est bien plus élevé que les 350€/mois que je payais pour le même type de studio meublé à Minoh, en banlieue d’Osaka. Je pense qu’il y a moyen de s’en sortir pour beaucoup moins cher (dans les agences immobilières de la ville, je vois souvent des studios du même type deux fois moins chers que le mien), mais dans ma situation, je ne pouvais pas vraiment faire la difficile.
J’ai finalement dû décaler mon départ et j’en viens donc au deuxième conseil : si vous en avez les moyens, prenez un billet modifiable. Au moment de choisir les billets j’ai hésité à le faire, mais mon petit côté angoissé a pris le dessus et je n’ai pas regretté. L’option m’a coûtée 100€ de plus, mais si je ne l’avais pas prise, j’aurais perdu 800€ et j’aurais dû annuler mon départ. Avec l’option, j’ai juste eu à chatter avec le staff de Finnair et en 5mn mon billet était changé, avec 1€ de frais de modification. Bref, j’ai embarqué en direction d’Osaka le 26 avril dernier ! Arriver directement à Fukuoka aurait été deux fois plus cher donc je me suis abstenue.
C’était mon premier voyage hors d’Europe depuis 4 ans donc j’étais extrêmement excitée et un peu angoissée (depuis quelques années et sans raison j’ai développé une phobie de l’avion…), mais en même temps galvanisée par toute la nostalgie que j’ai ressentie en arrivant au Terminal B de l’Aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, puisque j’allais refaire exactement le même trajet que lors de mon premier aller 4 ans auparavant.
Le premier vol de 3h s’est très bien passé et nous avons atterri à Helsinki pour une escale de 3h. À peine le temps de prendre rapidement à manger et traverser l’immense aéroport qu’on devait déjà se préparer pour l’autre vol, donc les 3h d’escale n’étaient pas de trop. Dans mes souvenirs c’était beaucoup moins long, mais il m’a fallu une bonne demi-heure à pied pour rejoindre les portes. C’était vraiment à l’opposé, donc prenez bien cet élément en compte si vous comptez transiter par Helsinki pour partir au Japon.
Le deuxième vol s’est lui aussi très bien déroulé et à part de légères turbulences quand on a passé la Mongolie, le Kazakhstan et la Chine, les 12h sont passés beaucoup plus vite que je l’aurais imaginé.
C’est donc après un voyage de 20h et sous un superbe soleil que nous sommes arrivés à Osaka vers midi ! Nouveauté par rapport à 2018, on nous prend notre température avant que l’on passe l’immigration. Le reste (récupération des bagages, passage de l’immigration et de la douane) a été effectué en 10mn chrono je pense.
Une fois arrivée dans le hall de l’aéroport, c’était très étrange. J’avais à la fois l’impression d’être passée dans cet aéroport la semaine dernière et il y a plus de 10 ans. Cette fois, j’avais décidé de faire envoyer mes bagages directement à Fukuoka. Je savais déjà en 2018 que beaucoup de gens avaient l’habitude de faire expédier leurs bagages directement au point d’arrivée pour ne pas s’encombrer, que le service n’était pas si cher et très fiable, mais je n’avais jamais sauté le pas. Je suis allée au comptoir JAL ABC situé au rez-de-chaussée du Kansai International Airport et quand je suis arrivée quelques jours plus tard à Fukuoka, mes bagages m’attendaient bien sagement.
 Je suis ensuite allée choisir au pif un ramen de udon au curry dans le food-court de l’aéroport, puis suis partie en direction de Shinsaibashi (心斎橋ç‹, gros quartier commerçant d’Osaka) me poser à l’hôtel. J’avais envie de passer la soirée dans mon quartier préféré, donc après avoir dormi un peu je suis partie vers 22h pour Shinsekai (新世界, littéralement « le nouveau monde »), aka le quartier rétro d’Osaka ! J’adore l’atmosphère détendue et un peu kitsch qui y règne et je me faisais une joie de voir les néons (c’est une obsession chez moi), mais j’ai dû arriver trop tard, puisque tous les magasins à part ceux ouverts H24 étaient fermés, les rues étaient donc très peu éclairées. Histoire de perpétuer les clichés sur Osaka jusqu’au bout, j’ai choisi pour ce premier repas un assortiment de kushi-katsu (串カツ) ! Il s’agit d’ingrédients divers (légumes, poissons, fruits de mer, viandes…) frits sur une brochette. Avant le COVID, c’était très convivial puisque le concept des restaurant de kushi-katsu était de tremper sa brochette dans un pot de sauce que tout le comptoir se partageait (on avait le droit de tremper une seule fois sa brochette évidemment), je me demandais donc à quoi ressemblait un repas dans ce type de restaurants en période de COVID, et comme je m’y attendais, les clients ont désormais un petit récipient de sauce individuelle.
 J’ai ensuite voulu terminer la soirée à Nanba (難波) et passer voir le Glico man, et j’ai constaté que les plus grosses enseignes étaient éteintes à 23h, ce qui n’était pas le cas avant, je crois. J’ai eu un petit coup d’adrénaline sur le retour, puisque j’avais oublié qu’à Osaka (je ne peux pas dire pour Tokyo, n’y ayant pas vécu) la circulation des transports s’arrête plus tôt qu’en France ! J’ai chopé le dernier train in extremis avant de capter que j’étais… dans la direction opposée (ça promet pour la suite du séjour).
 J’ai fini par aller vite me coucher car dès le lendemain je repartais sur la route. En effet, le Shinkansen étant hors de prix, je n’ai pas eu d’autre choix que de prendre un bus qui fait Osaka-Fukuoka.  Le trajet étant de 9 heures au mieux, je ferai une halte à mi-chemin. Direction Hiroshima !