DÉPART POUR HIROSHIMA

Terminal de bus du Willer Express, aux murs rouge

Le lendemain de mon arrivée au Japon, direction Umeda (梅田, centre administratif et commercial d’Osaka). Là encore la nostalgie était au rendez-vous, puisque je passais très souvent par Umeda le week-end quand je sortais à Osaka pendant mon année étudiante. C’est à Umeda que se trouve également le terminal des bus Willer Express, qui permettent de rejoindre d’autres grandes villes et là alerte bon plan : si vous trouvez le shinkansen trop cher et que vous avez le temps de voyager en bus, faites-le ! Pendant mon année universitaire, j’ai pu me faire des tonnes de week-ends dans tout le Japon grâce à ces bus. Le prix est souvent beaucoup plus abordable que le train, et c’est une autre manière de voyager, de découvrir les paysages. Pour les personnes qui peuvent dormir dans les transports, ça peut valoir le coup de faire un trajet de nuit pour économiser une nuit d’hôtel par exemple, et le site est totalement en anglais ! À titre d’information, pour ce trajet de Osaka à Hiroshima (5h de bus), j’ai payé une trentaine d’euros. En Shinkansen, ça m’aurait couté deux fois plus cher. Je vais manger un ramen (le 3ème en 24 heures…) en face du terminal de bus. En attendant mon plat, je vérifie rapidement l’heure du bus « au cas où » et capte qu’il ne part pas à 12h45 comme je le croyais mais à 12h25 soit dans… 15 mn ! J’engloutis mon ramen et part en courant vers le terminal de bus. Finalement je me suis dépêchée pour rien, puisque le bus n’est même pas annoncé quand on arrive, et on finit par partir à l’heure pour Hiroshima.

 À peine 45mn après le départ, on s’arrête déjà pour faire une petite pause de 15mn, et je suis trop excitée, j’attends ça depuis des jours. Je ne saurais pas dire pourquoi, mais j’adore l’ambiance des aires d’autoroute (même en France). Les pauses aux stations-services sont très régulières (une toutes les heures environ), et on finit par arriver à Hiroshima à 17h45. J’étais déjà venue passer une semaine à Hiroshima il y a 4 ans et j’avais particulièrement adoré l’île de Miyajima, qui se trouve à 40mn de la ville, donc j’avais hâte de faire découvrir le coin à mon copain. De plus, étant donné qu’Hiroshima se trouve à mi-chemin entre Osaka et Fukuoka, ça nous permettait de faire une escale sympa !

Rayon d'une station service rempli de peluches pieuvres rouges très mignonnes (emblème d'Osaka)

On se pose à l’hôtel et on fait l’erreur de se dire « allez, une petite sieste de 20mn », encore éclatés par le décalage horaire et finissons par nous réveiller en sursaut à… 22h30. À cette heure-là, peu de restaurants ouverts autour de nous, et j’ai repensé à Ganko Yatai (がんこ屋台 ) dont parlait Judith dans son super blog Jud à Hiroshima. On se dirige donc vers ce restaurant qui a la particularité d’être plutôt une espèce de food-court avec plusieurs stands servant des spécialités différentes (sushis, cuisine chinoise, cuisine japonaise familiale plus traditionnelle, brochettes…) et d’être à priori un repère pour les couche-tard. Je pense qu’on a dû arriver beaucoup trop tôt pour profiter de l’ambiance, puisque le restau est quasiment vide (à l’exception du stand de sushis et du stand de cuisine chinoise). On goûte des sushis excellents et on part ensuite pour le club ElGHT Supperclub, là aussi sur recommandation de Jud ! On adore l’ambiance incroyable, lounge, cosy et on est étonnés du prix extrêmement bas (on a dû payer environ 15€ pour 2 consommations et l’entrée). Je mets directement ce lieu dans le top 3 des bars posés et sympas que j’ai faits au Japon !

Photo du club EIGHT feutrée montrant des boules à facettes et un écran géant
Assiette de sushis au Ganko Yatai
Autre vue du club EIGHT avec vue sur les boules à facette et les platines

Le lendemain, alors que j’espérais pouvoir flâner dans les quartiers résidentiels, il pleut à torrent, on a donc passé la journée à errer dans les centres commerciaux. On fait quand même une petite pause repas le midi dans un stand d’okonomiyaki d’un centre-commercial. C’est une première pour moi de tester l’okonomiyaki à même sur la plaque en fer, l’expérience est sympa. Je ne suis pas fan des okonomiyaki d’Osaka, mais je trouve ceux de Hiroshima plutôt pas mal ! Le stand est tenu par un petit couple surement plus jeune que nous super rigolo, à un moment le gars met même une petite fessée affectueuse à sa copine pendant qu’elle nous sert ! Ça déteint avec l’idée qu’on se fait souvent des Japonais pudiques ou peu expressifs. Malgré la pluie torrentielle, on décide de se motiver à bouger un peu puisqu’on ne restera pas longtemps à Hiroshima. Je propose à mon copain d’aller à Yokogawa, un quartier résidentiel avec une vibe rétro comme je les aime, recommandé lui aussi par vous-savez-qui. J’avais adoré m’y perdre la première fois, mais finalement on ne retrouvera jamais le petit coin sympa que j’avais tant aimé la première fois. On reprend donc le train dans le sens inverse très rapidement, trop trempés par la pluie.

Okonomiyaki prêt à être mangé sur une plaque

Sur le retour, on s’emmêle les pinceaux avec les portiques et je me retrouve à ne pas pouvoir sortir, alors que mon copain est déjà de l’autre côté. Un peu déboussolée, je vais voir un jeune policier qui stationne ici et lui explique la situation. Il m’explique que ces portiques n’acceptent que les cartes magnétiques et pas les tickets, et que je dois remonter et faire le tour pour rejoindre l’autre sortie. Devant ma mine peu rassurée, il me propose de m’y conduire, et heureusement car sinon, j’y serais encore ! Il fait la discussion sur le trajet, me demande depuis combien de temps je vis au Japon, comment j’ai appris le japonais etc. Dans la conversation, il m’apprend qu’il a vécu à Taiwan et appris le chinois mais que c’était très difficile « surtout la prononciation et la grammaire, très différentes du japonais ». Il finit par me laisser au bon portique et je m’excuse avec un « 方向音痴ですみません » (désolée pour mon sens de l’orientation discutable).

On finit la journée sur un sento, le premier de ma vie ! Ça étonnait toujours quand je disais que je n’en avais jamais fait, mais je n’avais jamais osé. En vérité, il y a tellement de trucs que je n’avais pas osé faire lors de ma première année au Japon (par timidité, crainte de sortir de sa « zone de confort », ou par flemme, tout simplement) que cette fois je me suis promis de pas reproduire ce schéma.

 Bref, premier sento donc. Les sento sont à différencier des onsen dans le sens où un onsen est un bain qui provient directement d’une source chaude naturelle, alors qu’un sento est juste un grand bain bouillant dans lequel tout le monde se prélasse. En tant que française, ce n’est pas trop dans notre culture de se promener dans les vestiaires, se laver et se baigner à poil devant tout le monde (même si les hommes et les femmes sont séparés) donc j’appréhendais un peu, mais en fait c’était exactement comme on m’avait dit : personne ne regarde personne et on finit très vite par s’en foutre. Je savais que ça me plairait surement mais je ne pensais pas adorer à ce point : se plonger dans l’eau bouillante après une journée à marcher dans le froid/sous la pluie c’est effectivement incroyable même si pour être honnête, je ne suis pas sûre d’avoir fait dans le super classique pour un premier sento, puisqu’il s’agissait de celui de l’hôtel. On est ensuite vite partis se coucher, puisque le lendemain on devait se lever pour aller à Miyajima…  

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