Quatrième jour au Japon, nous voilà partis pour l’île de Miyajima, à 40mn en train de Hiroshima ! Miyajima est l’une des destination phare, vous en avez surement déjà vu des photos sans le savoir. J’y avais déjà passé un week-end au printemps 2018 et l’on parle tellement de cette île que je craignais d’avoir trop d’attentes, mais c’était l’un des coins que j’avais le plus adoré. Ce ne sont même pas forcément ses monuments qui me plaisent le plus même s’ils sont très jolis, mais plus son atmosphère, croiser les petits cerfs japonais au détour d’une ruelle, flâner dans les rues désertes le soir, regarder le coucher de soleil sur la plage, profiter de la fraîcheur de l’aube sur la plage le lendemain… D’ailleurs, on lit souvent que Miyajima peut se visiter en une journée (et c’est surement vrai si l’on ne cherche qu’à faire que les points d’intérêt principaux), mais si vous avez l’occasion d’y rester la nuit, faites-le ! Je trouve que l’ambiance de l’île très tôt le matin, quand la majorité des touristes n’ont pas encore débarqué sur l’île est très particulière et vaut le coup.
Bref, nous voici arrivés à Miyajima en début d’après-midi sous un très beau soleil cette fois, presque une journée estivale. Il y a énormément de touristes mais honnêtement, je m’attendais à pire pour un week-end de Golden Week (succession de jours fériés et ponts au Japon, qui rend beaucoup d’endroits touristiques invivables). On fait une première promenade sur l’île et nous décidons à manger vers 16h, si bien que la majorité des restaus sont en train de fermer, à part dans la rue commerciale principale. On se rabat donc sur celle-ci et même si elle est sympa, j’avoue qu’on y ressent bien la foule de la Golden Week et qu’on étouffe un peu. On finit par s’arrêter dans un restaurant au hasard, étonnamment quasiment vide. On repart ensuite vers le Daishō-in (大聖院), un temple bouddhique que j’avais beaucoup aimé déjà la première fois.
À peine deux rues au-dessus de l’allée commerçante et c’est le calme plat, on ne croise personne dans les rues à part quelques résidents et les petits cerfs. Ce contraste entre la rue commerçante plutôt bruyante et bondée et les autres rues totalement silencieuses à peine 2mn de marche plus loin m’avait déjà surprise à l’époque, mais je ne m’attendais pas à ce que ce soit pareil en pleine Golden Week ! Deuxième conseil si vous visitez Miyajima, aventurez-vous ailleurs que dans les artères principales. C’est souvent rassurant de suivre tout le monde, mais ça vaut le coup de faire des détours, surtout que tout est très bien indiqué sur l’île.
On arrive au Daishō-in, accueillis par ces milliers de petites statues aux petits bonnets et montons tout en haut. L’atmosphère est hyper apaisante et l’intérieur du temple très joli. En redescendant, on voit la mer au loin et j’aperçois quelques koinobori (鯉のぼり) qui flottent au vent. Ce sont des manches à air colorés en forme de carpe que l’on fait flotter à l’occasion de la fête des enfants qui a lieu le 5 mai chaque année. À cette occasion, de nombreux lieux publics (magasins, temples, écoles, gares…) font flotter des koinobori. J’avais déjà adoré l’ambiance autour de cette période la première fois, et j’avais hâte de revoir ça ! On avait ensuite prévu de gravir le mont Misen (弥山), mais j’avais oublié que l’ascension prenait un peu de temps et il était déjà plus de 17h, donc on a rebroussé chemin. En redescendant, on a croisé un petit groupe de cerfs pas timides.
Je tenais vraiment à redescendre pour voir le Torii au coucher du soleil (oui gros cliché mais c’est tellement beau), donc on n’a pas tardé et sommes arrivés pile au bout moment. On a admiré un peu le sanctuaire d’Itsukushima (厳島神社), puis on s’est posés devant le torii près de la plage en attendant le crépuscule. J’aurais bien voulu une petite glace pour profiter du spectacle, mais tous les commerces étaient déjà fermés. C’était déjà le cas en 2018, mais j’aurais pensé qu’avec la Golden Week ce soit différent.
Une fois le soleil couché, on s’est un peu baladés dans les rues de nuit, et chose que j’avais constaté et qui m’avait surprise, étant donné que la majorité des commerces ferment avant 18h à Miyajima, elle se vide de ses touristes très rapidement. À 19h à peine, l’artère principale noire de monde il y a encore deux heures de ça est totalement déserte, si bien que l’on décide de prendre le ferry pour rentrer.
Une fois rentrés, on part en quête d’un restaurant de tsukemen (つけ麺), une spécialité de Hiroshima que je tenais absolument à goûter et allons dans le premier que l’on trouve, le restaurant Bakudan (apparemment une chaîne), là encore dans ce qui semble être un centre commercial. Les tsukemen sont des nouilles froides (souvent accompagnées de légumes tels que du chou, des oignons verts…) et de la viande froide que l’on trempe dans une sauce froide très épicée (on peut choisir le degré de piquant). L’expérience est sympa, et mon regard est attiré par un écran géant qui diffuse des vidéos d’une meuf qui mange des tsukemen du restau en… ASMR.
Le lendemain, on se lève un peu plus tôt que d’habitude (10h…) toujours épuisés par le décalage horaire. On a le bus pour Fukuoka à 15h, mais mon copain souhaitait visiter le musée du Mémorial de la Paix de Hiroshima. Pour moi c’était la deuxième visite, et étonnamment, j’ai été beaucoup plus affectée que lors de la première. La première fois, j’y étais allée pour la fac pour un cours d’histoire, j’avais dû visiter le musée un peu rapidement et m’étais surtout arrêtée aux archives, et même s’il m’avait touchée, cette fois-ci ça a été différent. Je ne saurais pas dire si c’est mon contexte personnel (davantage un regard de touriste, avec le temps de bien s’attarder sur les expositions) ou le contexte géopolitique actuel, mais l’ambiance une fois sortie était très pesante et je me suis sentie abattue jusqu’au lendemain.
On est sortis et avons marché le long de la rivière en silence pour rejoindre le Craft Gyoza Fes, un festival du gyoza qui se tenait fin avril dans plusieurs villes du Japon, dont Hiroshima ! On avait envie de tester avant de prendre le bus. On a malheureusement manqué de temps et c’était vraiment bondé, donc on a englouti littéralement 3 gyozas sur un coin de table histoire de et sommes partis vers le bus. J’aime beaucoup l’ambiance des festivals de manière générale donc j’espère qu’on aura l’occasion d’en refaire.
Nous sommes arrivés à Fukuoka à 21h. Là encore gaffe de ma part, puisque je m’étais emmêlée les pinceaux sur l’heure à laquelle on était censés récupérer les appartements. Après quelques échanges de mails catastrophés avec la dame qui s’occupait de notre arrivée, celle-ci a très gentiment accepté de nous accueillir pour 21h. Une fois arrivés, nous nous sommes confondus en excuses, et truc qui nous a fait halluciner, alors qu’il avait été prévu que l’on paye notre premier de loyer dès notre arrivée, elle nous a proposé de payer « demain, parce que ne vous embêtez pas, vous devez être fatigués du voyage ». On a ensuite rejoint les studios. L’aspect ne correspondait pas totalement aux photos. L’immeuble est à priori rénové, mais l’ascenseur, les parties communes, et les appartements sont franchement vieillots, on se croirait dans les années 80 et certains meubles sont vraiment abîmés. On a été un peu surpris sur le moment, mais au bout d’une journée à peine on était déjà habitués et attachés à cet endroit. En plus, il me rappelle énormément mon studio étudiant de l’époque : disposition totalement identique, odeurs, déco…
Bref place maintenant à l’installation pour quelques mois à Fukuoka…